Léo NATAF



Vu ce matin, une aile de paradisier appuyée sur un brin d’herbe pour saisir un infime morceau d’os brûlé. Y est écrit ___________. Mot manquant à la construction du nid d’amour. Déborah Gutmann rencontre une image de Léo Nataf


Le nez collé à la matière on la voit qui dégouline, suinte ou cloque. Parfois, l’intérieur refait surface. Bien que la plaie se referme, elle marque. Eloignons nous et les formes se distinguent. Chaque corps s’identifie. Ces œuvres constituées de matières plurielles, la mousse, le métal, l’organique : des matières qui ont du répondant.

Léo Nataf les pense ensemble, puis les combat.

« Ce n’est pas la forme finale qui prime, mais la matière, elle vit, tout comme on respire ».


Son univers n’est pas serein – ambivalence, errance, et il en joue : de son intuition première, l’imprévisible prend le relai. Léo gratte, saccage, triture : il défend sa position, celle de conjuguer les origines au présent. Mais cet univers on le traverse, la densité fait parti de l’ordre du visible.

Le regard est saturé, on cligne des yeux si c’est trop douloureux, mais les œuvres respirent. Ce souffle prend la forme d’espaces ou de reflets ; les ombres des démons du passé ne font que déambuler.

Sa question n’est pas de marquer le temps, mais de le toucher, « la peinture c’est ma brulure »